Des analyses ADN relancent le débat sur l’ensemencement des rivières à saumon 

Traduction d’un article paru dans TROUT and SALMON de septembre 2026

De nouvelles analyses ADN, issues de l’un des plus anciens projets de conservation d’Écosse, ont relancé le débat sur les écloseries. Elles suggèrent qu’un ensemencement soigneusement géré pourrait contribuer à sauver certaines des rivières à saumon les plus menacées.

Sur la rivière Carron (située dans les Highland en Écosse), dans le Wester Ross, où un programme de reproduction à partir de géniteurs indigènes est mené depuis les années 1990 pour sauver une population au bord de l’extinction, une analyse de l’Institut pour la biodiversité et la conservation des eaux douces d’Inverness (UHI) a révélé que 40 % des saumoneaux ayant migré vers la mer entre 2016 et 2018, et 46 % des adultes capturés à la ligne et revenus entre 2017 et 2020, provenaient de ce programme de repeuplement. Les poissons issus du stock naturel de la rivière et relâchés à l’état juvénile ont survécu en mer et sont revenus à des taux comparables à ceux des saumons sauvages, dissipant ainsi un doute persistant quant à la méthode employée. Ce travail s’appuie sur plus d’une décennie de données recueillies par la River Carron Conservation Association. Son concepteur, Bob Kindness, a été nommé membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) lors des distinctions honorifiques de l’anniversaire du roi en 2026.

Il met en garde contre tout relâchement : Une fois qu’une population de saumon unique adaptée au fil des générations aux conditions spécifiques d’une rivière est perdue, il est pratiquement impossible de la rétablir.

L’avis n’est pas unanime. L’Association WildFish souligne que la rivière Carron a été déclassée en statut de conservation médiocre pour la saison 2025, les prises à la ligne ayant chuté de 85 poissons en 2020 à 57 en 2023. Elle soutient qu’un cycle d’élevage sans fin ne saurait remplacer la lutte contre les pressions sous-jacentes qui pèsent sur le saumon sauvage, notamment l’élevage du saumon sur la côte ouest. 

            Même les auteurs de l’étude insistent sur le fait que le repeuplement ne peut se substituer à la restauration de l’habitat, offrant au mieux une « stratégie transitoire pour les rivières au bord de l’effondrement ». Le saumon de Grande-Bretagne étant désormais classé comme espèce en danger sur la liste rouge de l’UICN, le débat sur les moyens de le sauver reste vif.